L’histoire de Sardar

Une fuite, une naissance et un nouveau départ : Sardar, interprète afghan, est déterminé à sauver sa famille.

La famille de Sardar est aujourd’hui en sécurité au Canada grâce aux donneurs du RTV, mais leur voyage pour arriver jusqu’ici a été semé d’embuches et marqué par le désespoir.

« Pour les donateurs, c’était probablement un petit geste de faire un don, mais c’était un grand geste pour nous. C’est grâce à l’aide et aux efforts des donateurs que nous sommes arrivés au Canada et que nos enfants vont à l’école. Mes enfants ont une vie sécure et réussie au Canada. Tout est possible pour eux ici. Il y a beaucoup de latitude pour eux. Les donateurs n’ont pas seulement sauvé une vie, ils ont sauvé la vie d’une famille. Ils ont sauvé nos vies. Ils nous ont aidés économiquement et mentalement aussi – ils nous ont soutenus et encouragés lorsque nous étions en Afghanistan. Merci aux donateurs ! »

Sardar a servi avec les troupes canadiennes à Kandahar de 2010 à 2012

Il y a six mois…

Sardar attendait désespérément des réponses d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) lorsqu’il a fui l’Afghanistan. Laissant temporairement sa femme enceinte et ses trois enfants pour trouver un moyen de les mettre à l’abri, ses appels à l’évacuation de sa famille sont restés sans réponse jusqu’à ce qu’il entre en contact avec le RTV.

Lorsque les talibans ont pris le contrôle de l’Afghanistan, la femme de Sardar était enceinte de sept mois. Toute sa famille était en danger en raison du travail de Sardar en tant qu’interprète pour les Forces armées canadiennes (FAC). Il avait passé deux ans sur les lignes de front avec les militaires canadiens à Kandahar dans le cadre de diverses missions. « Nous, les interprètes, étions les yeux et les oreilles des forces canadiennes. »”

Au milieu du chaos et dans la crainte des représailles des talibans, Sardar s’est rendu à l’aéroport de Kaboul en août 2021 pour obtenir plus d’informations sur la manière d’évacuer. Il n’a pu joindre personne pour obtenir des instructions. Il est ensuite revenu avec sa femme enceinte et ses trois jeunes enfants, munis de tous les documents nécessaires, dans l’espoir de monter à bord d’un avion. En route vers l’aéroport et passant par trois points de contrôle, lui et sa femme ont été battus par les talibans lorsqu’ils ont découvert des documents liants Sardar aux Forces canadiennes. Une fois de plus, Sardar est rentré chez lui découragé.

Il a fait un dernier voyage seul à Kandahar en autobus et en taxi. N’ayant nulle part où loger, il a dormi dans les rues de Kandahar tout en cherchant une issue. Il s’est finalement échappé vers le Pakistan en passant par la frontière de Spin Boldak grâce à un chauffeur de camion. Une fois à Islamabad, il a immédiatement entamé les démarches pour faire sortir sa famille. À peu près à la même époque, sa femme a été admise à l’hôpital en Afghanistan pour des douleurs causées par son accouchement imminent. Frustré par le manque de soutien de l’IRCC, Sardar a entendu parler du travail du RTV en matière d’aide à l’évacuation et il a contacté notre équipe.

Sardar s’est échappé par voie terrestre vers Islamabad, au Pakistan. « Quand je suis arrivé à Islamabad, je n’avais aucun endroit où rester. C’est alors que l’équipe du RTV m’a contacté. »

« Le RTV a tout fait pour que ma famille et moi soyons réunis à Islamabad. Ils étaient les héros derrière la scène. Nous ne pouvions pas voir leurs visages, mais ils étaient des anges protecteurs. Ils faisaient beaucoup pour les réfugiés afghans. »

Les membres du RTV ont aidé Sardar à remplir les formalités administratives dont sa femme et ses enfants avaient besoin et ils ont assuré leur transport de l’hôpital afghan jusqu’au Pakistan. Ils ont également trouvé une maison à Islamabad pour la famille et les ont aidés à remplir les documents demandés par l’immigration canadienne.

Quatre jours après son arrivée à Islamabad, la femme de Sardar a commencé à avoir des contractions.

Sardar a rejoint ses enfants à Islamabad, leur mère étant en sécurité à l’hôpital. « C’était le plus beau jour de notre vie. »

« Je n’avais ni argent ni connaissance des hôpitaux du Pakistan. J’avais trois enfants dont je devais m’occuper pendant que ma femme était en travail. Comme elle ne parlait pas leur langue, je devais être là pour traduire tout en m’occupant de mes enfants. J’ai passé 24 heures à l’hôpital, sans pouvoir dormir et manger. J’étais épuisé mentalement et physiquement. »

Le 27 septembre 2021, ils ont accueilli une petite fille, Tamanna Shinwari.

Le RTV a continué à aider la famille de Sardar dans ses démarches administratives et le 15 octobre 2022, Sardar, sa femme et leurs quatre enfants ont embarqué dans un avion à destination du Canada.

« Lorsque nous sommes arrivés au Canada, nous avons poussé un soupir de soulagement. »

Lorsque Sardar et sa famille sont arrivés à l’aéroport de Toronto.

Ils sont actuellement à Ottawa où se trouvent les amis militaires canadiens de Sardar. Ses deux enfants les plus âgés fréquentent une école d’immersion anglaise et française.

Sardar et ses enfants avec le vétéran canadien Dave Morrow, qui a travaillé avec Sardar et qui l’a soutenu pour qu’il puisse venir au Canada.

Le premier jour d’école pour Fatima (9 ans) et Suratwali (7 ans). « Un jour très heureux pour nous tous. »

Tamanna, la fille de Sardar, aujourd’hui.

« Je suis très heureuse pour mes filles en particulier, car si elles étaient en Afghanistan, elles ne pourraient pas aller à l’école. Maintenant, elles peuvent être infirmières, ingénieurs, médecins… elles peuvent être ce qu’elles veulent être. »

Alors que Sardar commence à se construire une vie au Canada, il travaille dans un restaurant-minute et il est déterminé à offrir à sa famille la meilleure vie possible.

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